Introduction et contexte

Covid, c’est fini ?!

Alors que les premiers mois de l’année 2022 ont permis peu à peu de lâcher les dernières missions en lien avec la pandémie, celle-ci laissera des traces qui marqueront l’année. A l’interne : la forte demande de prestations, la fatigue cumulée, le retard des projets, l’accompagnement insuffisant dans des transformations d’importance; à l’externe : le marché du travail qui se rétrécit, la tension de l’ensemble du système de santé. Autant de facteurs qui auront terni la sérénité dans laquelle la mission de soutien et d’accompagnement à domicile, dans des projets de vie et de santé, devrait pouvoir se dérouler.

« Ensemble, sereinement »

« NOMAD ensemble, sereinement » constitue le slogan qui accompagne la nouvelle identité visuelle. Ce n’est pas gagné. Ni ensemble, ni sereinement. Le slogan prend donc des allures de défi, d’envie de réussir, de progresser, de s’interroger, de s’aider. Paradoxalement, il prend tout son sens.
Car, oui, NOMAD s’est donné une nouvelle identité visuelle. Une brèche vers l’avenir. Les couleurs vives de la violette pour dire l’envie. Un nom aux caractères facilement reconnaissables. Si la promulgation de la nouvelle Loi NOMAD constitue une opportunité de repenser son identité – dans les textes mais aussi dans son image –, l’inspiration de la nouvelle identité visuelle vient du terrain. Le violet n’est autre qu’une nuance de rouge et de bleu. De force et de faiblesse. D’engagement et de fatigue. De réussites et de déceptions.

Un autre demain

C’est cela qu’il convient de voir, sur le terrain. Pas seulement auprès des personnes qui bénéficient de nos prestations. Déjà chez les collaboratrices et les collaborateurs. L’envie de voir leur travail récompensé par des vies qui s’ouvrent, des personnes soulagées, des sourires se manifester, bute contre les limites évoquées plus haut.
Comprendre ce qui se passe. Écouter. Reconstruire les espaces de dialogue et de confiance. Voilà ce à quoi toute l’institution doit s’atteler après une pandémie et dans un contexte contraignant. Ensemble et sereinement.

Ce rapport est témoin d’abord de l’engagement des hommes et des femmes au sein de l’institution, qui ont mis toute leur énergie à réussir et à aider à réussir ; il est aussi témoin d’une période difficile où acteurs, prestataires, politiques, financeurs, constatent les limites du système. Mais, toutes et tous, par leurs engagements et leurs questions, contribuent à permettre à la population d’accéder aux prestations les plus adéquates, à domicile, dans un hôpital, dans une pharmacie, chez un médecin, dans un EMS, dans un foyer ou dans une simple rencontre où une parole ouvre un possible.
Ce rapport se présente donc comme le reflet du rôle de NOMAD dans cet environnement, visant à garantir des accompagnements et des soins de qualité auprès de la population.

Jean-Jacques Monachon
Président du Conseil d’administration

Gabriel Bader
Directeur général

Rapports avec l’État

Le processus qui doit conduire NOMAD à un financement à l’activité a connu quelques avatars dans le courant de l’année 2021. Suite à une demande du Conseil d’administration de revoir les prévisions de l’État s’agissant du financement de NOMAD pour 2021, le budget 2021 de NOMAD a été validé en deux temps : couvrir le premier quadrimestre sur la base des besoins exprimés par NOMAD, et le reste de l’année, en principe sur la base des résultats d’un travail à mener sous l’égide du Service cantonal de la santé publique. Les objectifs du travail visaient d’une part à comprendre et valider les coûts présentés par NOMAD et d’autre part à fixer des indicateurs de performance permettant d’avaliser un montant de subvention.

Les travaux ont consisté à identifier l’ensemble des heures réalisées dans l’activité de NOMAD, à les traduire en coûts pour en déduire des objectifs de performance.

Les travaux ont permis d’apporter un éclairage complémentaire aux données déjà disponibles, jugé comme satisfaisant par les parties. L’État et NOMAD se sont entendus aussi pour fixer des indicateurs de performance.

En dehors de ces premiers résultats, les travaux n’ont pas atteint l’ensemble des buts escomptés. La subvention pour le solde de l’année a donc été fixée sans tenir compte des résultats obtenus.

Suivant la suggestion de NOMAD, le chef du département a sollicité un mandataire externe, pour proposer une méthode et conduire la suite des travaux menés entre le Service et NOMAD. L’enjeu réside, d’une part, dans l’identification des impacts de la mission publique de NOMAD sur les coûts des prestations, en particulier l’obligation de prendre en charge toutes les situations dans tout le canton ; d’autre part, dans la priorisation des développements proposés par NOMAD afin de les reconnaître comme des prestations d’intérêt général (PIG).

L’année 2022 devrait permettre de finaliser un dispositif qui concrétise le passage à un financement à l’activité et surtout, qui recentre les discussions sur des objectifs stratégiques, tels que des leviers à activer, pour renforcer les possibilités des citoyennes et citoyens d’accéder à des soins et des prestations de soutien et d’accompagnement en poursuivant leur projet de vie.

Changement de loi NOMAD – discussions et consultations

Le dépôt au Grand Conseil d’un projet de modification de la LNOMAD vise à recentrer la mission de NOMAD sur ses prestations de soins, de soutien et d’accompagnement à domicile, et de favoriser le développement de prestations. Il y est spécifié, dans la mission de NOMAD (art. 3, al. f, g et h LNOMAD) la tâche de participer à des programmes de santé publique, à des projets de recherche et à renforcer le tissu social du canton, tout cela, au détriment d’une mission dite d’ « organisation » du maintien à domicile. En effet, NOMAD avait été créé pour porter l’ensemble du secteur des prestations de maintien à domicile.

Hormis quelques tâches spécifiques, ce rôle d’organisateur n’a jamais été mis en œuvre. Principalement parce que, après la constitution de NOMAD en 2007 et les quelques années nécessaires pour asseoir la nouvelle organisation, l’arrivée de privés dans le domaine a vite rendu compliqué le double rôle de prestataire et de coordinateur du secteur. Aussi, aucune règlementation n’a découlé de la loi originelle.

La problématique a été abordée ouvertement entre NOMAD et les autorités du canton, avant même qu’une motion du Grand Conseil ne formalise une question précise sur l’éventuelle ambiguïté de ce double rôle.

De fait, la clarification va plutôt aider NOMAD – positionné dans le projet de nouvelle loi, comme un des acteurs de la santé parmi les autres – à envisager des collaborations et des coordinations.

Ce processus a donc quelque chose de naturel et d’attendu. A NOMAD aujourd’hui de saisir la chance, sous ces nouvelles couleurs, de renforcer les partenariats, les projets communs, les expériences pilotes. Ce travail s’est déjà fortement renforcé ces dernières années.